C'est, pour l'heure, c'est une simple hypothèse : pour les hommes la difficulté serait d'obtenir de la femme ce qu'ils en attendent : cela peut prendre du temps en manoeuvres diverses et en patiente attente, mais, comme le plaisir est dans la chasse de ce type particulier de gibier sauvage, fuyant et se refusant, et que l'objectif est simplement de capturer et de plier à sa volonté la bête en question, le succès est définitivement acquis dès lors que la femme est amoureuse et se donne.La suite est généralement moins drôle pour l'homme au quotidien, surtout lorsque, se croyant à tort propriétaires exclusives de leurs hommes, les femmes ne font plus d'efforts pour leur plaire, et, jalouses de la concurrence, se contentent de faire des reproches à leurs hommes, ce qui les incite plus encore à prendre leurs distances et à reprendre leur liberté.

94-061420

       Tandis que, pour les femmes (sauf pour celles qui, imitant l'homme, se satisfont de séduire et s'en contentent), la difficulté ce serait, après avoir séduit l'homme - ce qui n'est pas très difficile - de le retenir durablement, et ça c'est une autre paire de manches et ce n'est jamais acquis. D'où, peut-être, l'inquiétude permanente des femmes quant à l'avenir, leur besoin incessant de réassurance sous forme de gestes tendres et de mots sécurisants ; au point de ne pas réaliser que, face à leur exigence de s'entendre dire ce qu'elles ont besoin d'entendre pour être rassurées, beaucoup d'hommes, ne désirant pas s'attirer d'amers reproches, préfèreront dire ce qui est attendu que ce qu'ils pensent en leur for intérieur. 

        Faire des enfants avec son homme peut participer au projet de la femme de s'attacher durablement celui-ci. Mais ce peut être un facteur supplémentaire d'insécurisation pour la femme car, si se retrouver seule, en cas de départ de l'homme, n'est pas très confortable, se retrouver seule avec des enfants à charge peut être difficile à vivre en termes d'autorité et en termes de niveau de vie. Les enfants peuvent donc ajouter aux craintes des lendemains qui tenaillent les femmes plus qu'elles ne préoccupent les hommes.

        Sur le thème des femmes et du temps, il y aurait encore beaucoup à dire : leur coeur a besoin de plus de temps pour s'enflammer vraiment que le désir de l'homme, aussi rapide que l'érection ; au lit, les femmes, hors les vraies amoureuses, ont besoin de longs préliminaires pour que leur corps s'éveille ; et elle est terrible l'horloge biologique qui tourne et rapproche inexorablement chaque femme de la ménopause tout en faisant croître le risque de malformations de l'enfant  ; quant à la beauté, elle se fane de façon si désespérante avec le temps qui passe, transformant un joli visage enfantin, doux et lisse, délicieusement souriant et charmant, en un ensemble de rides, de plis disgracieux, de grimaces, de bourrelets ; sans parler des seins qui se vident et se flétrissent alors même que fleurissent tout autour tant de jolis petits seins fermes qui attirent les regards de ces idiots d'hommes pleins de désir, comme autant de papillons de nuit autour des réverbères. Dès lors on comprend cette sorte de rage que bien des jeunes filles, conscientes de leurs charmes, mettent à croquer dans la vie à pleines dents lorsqu'elles séduisent qui elles veulent, comme si elles n'avaient pas conscience de la vanité de ces petits jeux de séduction et des multiples emplois alternatifs possibles du temps qu'elles passent à y penser et à en parler avec leurs meilleures amies.

       Et les hommes n'ont pas d'autre choix que de subir la loi de ces tentations vivantes, en rongeant leur frein et en rageant de ne pas pouvoir satisfaire leurs désirs ; ils ruminent alors un sentiment d'injustice lorsque les femmes se refusent à eux comme par jeu ; ce n'est que plus tard que les positions s'inverseront, faisant alors naître chez les hommes des relents de contentement à parfum de revanche quand la pitié les saisit pour ces anciens objets de leur désir, ces femmes qui auraient pu avoir pitié d'eux mais qui les ont snobés et qui, maintenant, dépriment de n'être plus que des débris lorsqu'elles n'ont misé que sur la séduction.