En vrac, c'est mon état actuel.

En vrac c'est aussi la façon dont je vais présenter quelques faits et réflexions notés au fil des jours. Veuillez me pardonner ce déballage inorganisé !

Mais, pour bien commencer, voici un hommage au corps féminin, nu et sous forme de peinture (donc qui ne chouine pas ! Et dire qu'il y a des gens qui disent "Je ne peux pas la voir en peinture" ! Moi, si. Au contraire, je préfère !).

 

Adolphe-Lalyre La-Madeleine-or-Mary-Magdalene

 Quelques faits et réflexions, donc : 

   * épuisée et complètement débordée, n'arrivant plus à gérer ses mails dans des délais admissibles, elle me dit, en riant, inhabituellement lucide sur elle-même : "Toutes mes activités de loisir m'épuisent !".  Pour autant elle ne va pas réduire ses implications multiples, de loisir pour la plupart mais aussi caritatives pour certaines, ni ses stages, ni ses voyages. "Je suis épuisée !" est devenu son refrain, du moins face à moi car, à l'extérieur, elle veille à faire toujours bonne figure. C'est à son mari qu'elle réserve sa mauvaise humeur, conséquence de son épuisement (comme lorsque sa façon d'exercer sa profession l'épuisait physiquement et nerveusement, presque quatre décennies de rang).

   * "Où est ma place ?" : elle l'a si souvent dit devant les enfants en venant s'asseoir à table alors que seule sa place était vide qu'ils en ont fait un sujet de plaisanterie. Et il lui arrive de le redire alors que c'est toujours aussi évident. Preuve, sans doute, que cette question la taraude de façon générale.

   * le 30 janvier, gris et froid, alors qu'un manteau de neige est tombé dans la nuit, elle ouvre grandes les portes-fenêtres du rez-de-chaussée et déjeune une demi-heure, tout en lisant un livre posé sur la table à côté d'elle. En manteau polaire et capuchon. Est-ce bien raisonnable pour quelqu'un qui a de graves problèmes d'oreille suite à une otite non correctement soignée il y a trois mois ? Il faut vraiment tenir à défriser son mari qui, lui, aimerait bien prendre son petit-déjeuner dans une pièce chaude et qui a fait remarquer que, si l'objectif était réellement seulement de renouveler l'air des pièces, alors cinq minutes toutes fenêtres grandes ouvertes suffiraient amplement à cette aération, alors que, en une demi-heure lorsque la température extérieure est négative, on refroidit nettemnt murs, sols et meubles sans aucun profit de santé mais en alourdissant la facture de chauffage et on est alors en contradiction avec ses propres options écolo de préservation de l'énergie.

   * faire attendre l'autre et le paralyser pour qu'il ne puisse pas échapper à l'attente forcée ! Quelle irritante manifestation de pouvoir ! C'était le cas avec les enfants qui ne pouvaient aller à leurs activités en ville (ou au collège et au lycée) qu'accompagnés en voiture : départs en retard puis détours (pour poster une lettre, par exemple), maximisant le stress et multipliant les arrivées en retard.   Avec un mari ayant sa propre voiture, il faut trouver d'autres occasions de créer des attentes forcées : par exemple dire "Ton assiette que tu as fait réchauffer au micro-ondes, ne quitte pas la salle à manger pour venir la chercher à la cuisine, car je te l'apporte" puis n'apporter cette assiette que trois minutes plus tard, après avoir fait réchauffer deux minutes sa propre assiette. L'effet d'énervement du mari est garanti puisqu'il n'ose pas se lever pour aller chercher lui-même son assiette de peur de la réaction très négative qu'elle (pas l'assiette !) aurait le culot d'avoir alors !

   * lorsque toute remarque qui lui est faite gentiment par son mari donne lieu à une réaction violente de sa part, il doit prendre l'habitude, parce qu'il ne sait pas s'imposer en laissant éclater sa colère légitime, de se taire, de ne pas réagir aux erreurs, aux faits déformés, aux exagérations et confusions, à la mauvaise foi, puisque le résultat est invariablement négatif. Il n'a plus droit qu'à décerner des compliments et à s'en tenir à un prudent silence dans les autres cas ; mais surtout sans laisser paraître qu'il se tait mais qu'il n'en pense pas moins (car, alors, le reproche classique ne tarde pas : "Je ne peux rien te dire ! Tout de suite tu te refermes comme une huître". En revanche il est opportun de montrer qu'on est touché, abattu, sonné, lorsqu'elle déverse, périodiquement, la hotte où elle a accumulé frustrations et reproches. Ele va d'autant plus vite mieux qu'elle pense avoir porté des coups qui ont fait très mal.

   * pourtant les occasions ne manqueraient pas de souligner ses incohérences et contradictions : elle dit "se priver d'huîtres parce que ce n'est pas drôle d'en manger seule" mais elle en achète réguièrement (quel beau sacrifice elle fait là !) ; elle me reproche deux mini-sucres de trop dans mon café journalier (ce serait la cause de mon "foie gras") mais elle prend trois cafés par jour avec sucre et, surtout, elle arrose larga manu de sucre semoule son mélange de yaourt et de quartiers de mandarines ; elle exige plus de légumes que je n'en ai prévu après le foie gras de Nouvel An "parce que cela fait beaucoup de gras" mais cela ne l'empêche pas d'avaler derechef quatre escargots baignant dans leur beurre persillé, qu'elle va déguster intégralement.

   * soulignant que l'acqua alta frappe Venise 130 jours par an, elle ajoute que c'est presque la moitié du temps. Ma tentation serait de lui faire remarquer que la moitié de 365 jours c'est 182  jours, donc 52 jours de plus que 130, et que 130 jours représentent plutôt un gros tiers (35,6%) de l'année que "près de la moitié". Mais cette remarque serait accueillie très négativement. Si elle était lucide sur elle-même et avait un peu d'humour pour ce qui la concerne, elle pourrait (on peut toujours rêver) réagir en disant,  : "Tu as raison j'exagère, comme d'habitude, mais c'est pour exprimer que ce phénomène d'acqua alta m'impressionne". Quant à moi, lorsqu'il m'arrive de me tromper et qu'on me le fait remarquer gentiment je dis "Vous avez raison. Je suis désolé de m'être trompé. Merci de me le faire remarquer". Je ne me sens pas blessé, diminué ou nié. Mon amour-propre en prend un petit coup si mon erreur était inexcusable mais comme, le plus souvent, mes contradicteurs s'appuient sur des informations que je n'avais pas je leur dit, en le pensant : "Je ne savais pas cela et je suis content de l'apprendre ; effectivement cela change les choses ; merci, par conséquent, d'avoir attiré mon attention sur ce point". Entre gens normaux, tout se passe bien. Pourquoi donc prend-elle mal tout ce que je dis et fais ?