Avant  de brosser un tableau peu flatteur de mon épouse, un peu de contre-poison sous forme de joli tableau de femmes au buste dénudé.

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Elle, à plusieurs occasions, après que j'aie essayé de la photographier à son avantage (ex. : hier à midi, avec un joli pull et une écharpe seyante) :

"Elles sont moches les photos de visages que tu prends ! Il ne faut pas demander aux gens de poser, mais il faut les prendre sur le vif !".

Hier soir, la même exige de voir aussitôt - et m'oblige à effacer - une série de photos d'elle, que je venais de prendre rapidement prises avec mon smartphone après l'avoir complimentée sur sa coiffure, que son coiffeur a particulièrement bien réussie.

Puis elle enchaîne avec un de ses reproches favoris, sans réfléchir une seconde à la contradiction interne : "Comme je te l'ai dit hier, Il ne faut pas demander aux gens de poser, mais il faut les prendre sur le vif ! Moi, quand je me prends en photo avec mon smartphone, je suis très bien, sur mes propres selfies !".

Les selfies, ce n'est sans doute pas de la photo posée, c'est du "sur le vif" !

Contradiction flagrante, donc, mais révélatrice. Se sourire à elle-même, elle sait faire. En revanche, me sourire, elle s'y refuse. C'est clair.

Contradiction révélatrice, en effet, d'un certain état d'esprit, fait de frustration et de désir de vengeance multiforme, qui, entre autres manifestations, lui fait refuser de me sourire (à moi seulement, jamais aux autres, au contraire - ce qui la fait passer pour charmante et ce qui rend incompréhensibles les difficultés de ma vie avec elle).

Il n'est pas facile de vivre au quotidien avec une épouse qui ne cesse de me faire des reproches et de m'égratigner, entre deux grands déballages semestriels, genre pluie de Scuds, pour me sonner vraiment à force de coups répétés sur le nez et la tête, pour me laisser groggy.

Je devrais sans doute réaliser que son comportement extrêmement déplaisant à mon égard est plutôt "à cause de" que "en dépit de" mon attitude, constamment bienveillante à son égard, consistant notamment à lui épargner les mille critiques que ses comportements et ce qu'elle raconte m'inspirent, En effet, si j'étais capable de la recadrer, cela lui ferait peut-être du bien, à elle qui se croit tout permis avec moi.

Ce qui m'ennuie plus encore c'est que, à force de me répéter que je suis un mari nul, elle m'en a presque convaincu, comme si l'échec patent de notre relation de couple (un échec qu'elle ne cesse de me reprocher, en le contrastant avec la réussite amoureuse supposée de tous les couples qu'elle connaît) n'était imputable qu'à moi ; c'est en tout cas sa vision des choses, sans cesse répétée, bien commode en ce qu'elle l'exonère de toute responsabilité ; mais rejeter ses fautes sur autrui ne rend pas heureux pour autant..

De là à ce que je pense que je serais, avec n'importe quelle autre femme, un compagnon nul, il n'y a qu'un pas, que j'ai franchi depuis longtemps : je suis en effet persuadé que, après de beaux commencements dus au fait que je suis fondamentalement gentil (tout le monde, sauf ma femme et un de mes frères, me le dit), je retomberais, avec toute autre femme, dans des tensions, faute de savoir mettre des limites à son désir de contrôle et de toujours plus.

Alors, presque inévitablement, le poison de la tentation de généralisation fait son oeuvre dans mon esprit, sous forme de misogynie, soigneusement dissimulée mais bien ancrée : mon enfer quotidien avec mon épouse (quand elle est là - car, sinon, cela va très bien ! Que je suis donc content d'échapper alors au stress permanent qui est mon lot, pour cause de crainte de ses réactions !) combiné à ce que j'imagine que deviendrait vite ma vie avec toute autre femme, voilà qui a créé en moi une défiance instinctive vis-à-vis des femmes. Je les vois comme pouvant certes être attractives aux débuts (quand elles font des efforts pour séduire) mais je considère comme inexorable leur penchant à verser ensuite assez vite dans les reproches incessants, la frustration et la vengeance, prenant, entre autres, la forme d'un échange très inégal : le prix global exigé pour les menus services sexuels dont les hommes ont besoin est en effet exorbitant, je trouve.

Je m'accroche pour l'instant à l'idée que j'ai peut-être tort de laisser cette tentation de généralisation m'envahir. Mais, sans vraies contre-preuves, c'est difficile !