Si on lui demande un service, elle va le faire payer, ce service qu'on regrettera vite de lui avoir demandé (tout en se promettant de ne plus la solliciter) :

1) sitôt après qu'on ait formulé notre demande (deux exemples : mettre une lettre à la poste, accompagner un enfant à une activité en ville) elle va commencer à se venger de la personne qui lui a demandé quelque chose :

   - sans même attendre qu'on ait exposé l'objet de la demande, elle va d'emblée montrer que le fait qu'on lui demande un service la dérange : elle dira qu'elle est en train de faire autre chose et qu'il faudra revenir plus tard, ou bien elle dira qu'elle est pressée et que ce n'est donc pas le moment, ou elle dira qu'elle a déjà tellement de choses à faire et que ce n'est donc pas utile d'en rajouter, ou bien encore elle questionnera de façon agressive : "C'est vraiment si urgent que cela ?"

  - une autre façon de se venger consistera pour elle à ne pas délivrer le message rassurant attendu, mais à laisser planer une incertitude : au lieu de dire "je posterai ta lettre cet après-midi sans faute" ou "je t'accompagne en voiture dans cinq minutes pour que tu ne sois pas en retard" elle continuera ses occupations sans mentionner qu'elle fera, et à bref délai, ce qui est demandé.         La lettre sera-t-elle postée ? Et quand ?        L'enfant peut-il compter sur sa mère pour l'emmener à l'heure à son cours de danse ou à sa ronde de jeannettes ?    Se gardant bien de donner des assurances au moment où on lui confie une tâche, elle hésitera, après l'avoir exécutée, entre l'envie d'être remerciée et louée après avoir indiqué que ce qui avait été demandé a été fait, et un mutisme lui procurant le plaisir d'imaginer qu'on se ronge les sangs d'inquiétude (sans oser demander si la tâche a été accomplie car on en prendra alors plein la figure avec un "Evidemment !" méprisant).

   - et puis, tout en continuant ses activités, elle va revenir en mode plainte, en grognant qu'on la dérange, ou en refusant de répéter tout haut ("Je me parlais à moi-même", dira-t-elle) ce qu'elle a grommelé de façon qu'on voie bien qu'elle est mécontente.

Intermède : pour tenter de contrebalancer un peu ce climat très négatif, voici, grâce à deux tableaux, une autre vision, rassérénante celle-ci, de la femme : la première joue à ne pas laisser les vaguelettes lui mouiller les bras, la seconde, sans être vraiment vue sous toutes les coutures, l'est à la fois de dos et de trois quarts avant.

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2) vient ensuite le moment où, de mauvaise grâce, elle va rendre le service demandé. Son désir de se venger des importuns qui la dérangent prendra alors diverses modalités :

     - s'il s'agit d'une lettre à poster, elle diffèrera d'autant plus le moment du dépôt à la boîte qu'on lui a indiqué que c'était urgent (et, en cas de question, elle prétextera n'importe quoi pour justifier le non dépôt : il lui aurait fallu faire un détour ou descendre de sa voiture, elle était pressée et elle le fera plus tard ; cette lettre n'est pas si urgente que cela ; elle avait d'autres choses, autrement plus importantes, à penser, etc.)

     - s'il s'agit d'emmener un enfant en ville pour une activité à laquelle il doit se présenter à l'heure dite, elle va jouer avec les nerfs de l'enfant en partant trop tard de la maison, en faisant un détour pour une affaire qui lui est personnelle, ou en s'arrêtant pour poster une lettre (en disant par exemple, pour tenter de faire porter le chapeau du retard à son conjoint souffre-douleur : "C'est ton père qui m'a demandé de poster cette lettre ; alors, si je ne le fais pas tout de suite il va me le reprocher très fort").

3) une fois le service rendu, elle fera tout pour se faire remercier à la hauteur de ce que cela lui a coûté, c'est-à-dire énormément. Même si le service en question est normal et/ou minime, elle essaiera de forcer le "bénéficiaire" à dire et répéter qu'elle est vraiment extrêmement gentille et serviable, elle exigera qu'on l'embrasse ou une compensation (un service qu'on devra lui rendre, une invitation à dîner au restaurant ou à une soirée au cinéma,...) ; elle rappellera combien rendre ce service a été difficile et a donc été méritoire.     Et elle n'hésitera pas à revenir dessus à l'occasion, en rappellant ses bienfaits passés et en s'en servant de base pour des reproches formulés en termes d'échanges équilibrés de bons procédés, du genre : "Avec tout ce que je fais pour toi (ici elle place le rappel de quelques menus services qu'elle a rendus), toi tu (elle place ici le reproche qu'elle veut faire, qui ne concerne pas des services non ou mal rendus car ils l'ont été vite et bien) !".

 

  Quel contraste entre son comportement constant, odieux et détestable il faut le dire, et l'attitude de celles et ceux qui sont contents de rendre service, qui font très vite ce qui est demandé, qui rassurent en certifiant qu'ils vont s'en occuper toutes affaires cessantes, qui informent sitôt le service rendu et qui n'en font pas tout un plat !

   Et, en dépit de ses comportements répétés, elle déplorera qu'on ne lui demande rien, qu'on s'organise seuls ou avec d'autres qu'elle, qu'on n'ait pas besoin d'elle ! Mauvaise foi, absence de lucidité sur elle-même et/ou autisme (elle ne voit qu'elle) ?

   Et elle s'étonnera que sa relation avec ses enfants soit profondément et définitivement détériorée s'ils ne lui ont pas pardonné de les avoir fait souffrir en les faisant arriver en retard à leurs activités et subir alors les reproches des animateurs et les lazzi des petits camarades.