Je ne cache pas que ça m'a fait un choc d'entendre récemment plusieurs femmes, pourtant bien de leur époque, s'accorder sur l'idée que leur nature les poussant à l'exagération sans limite, elles avaient besoin, de temps en temps, d'être "recadrées avec fermeté" parce que, sinon, elles avaient tendance à "péter un câble" et à "partir en vrille".

    Recadrées par qui et comment ? Pas par leurs meilleures amies mais par un mec, un vrai, leur mec si elles en ont un et qu'il sait y faire. Il lui faudra faire la grosse voix, passer au-dessus des pleurs et de la crise de nerfs, endosser les reproches, et leur dire, posément ou pas trop en colère, qu'elles déraillent. Des moments difficiles pour les deux mais qu'on ne regrette pas, paraît-il, car ce point d'arrêt jugule un processus de dérapage non contrôlé.

    La comparaison avec les adolescent(e)s est tentante puisque dans les deux cas il y a montée de la tension puis crise violente : à l'adolescence, en effet, les jeunes se cherchent en testant les personnes de leur entourage, les détenteurs de l'autorité, à commencer par leurs parents, qu'ils provoquent ou dont ils transgressent les interdits, comme "pour voir". Si les parents sont permissifs, voire laxistes, l'adolescent, ne rencontrant pas le mur ferme des limites à ne pas dépasser, va aller plus loin, à la recherche de positions fermes, qu'il pourra discuter, dénigrer, contester. La tension montera et il pourra y avoir éclatement d'une crise, façon cocotte-minute qui explose soudain.

    Il me semble que, dans le cas des femmes adultes (y compris de jeunes grands-mères) qui craquent à un moment donné, le processus n'est pas du tout le même et le remède est donc bien différent : à un moment la machine s'est emballée, les nerfs (trop sollicités auparavant) ont brusquement craqué, c'est l'effondrement et la débandade (si l'on peut dire). Ce dont elles ont alors ponctuellement besoin c'est d'un discours clair, du genre : "Stop ! Stop !! Stop !!! ça suffit ! ça ne va plus du tout ! Tu as présumé de tes forces (en te dévouant ici et là, sans assez penser à toi), tu as trop tiré sur la ficelle et te voilà en petits morceaux. Tu vas pleurer un bon coup [ici, un grand hug s'impose], déballer tout ce que tu as sur le coeur, te vider de ce qui t'écrase. Et puis tu vas aller te changer un peu les idées, faire de l'exercice physique bien fatigant, retrouver un sommeil réparateur. Et, avec mon soutien, tu repartiras plus forte mais en faisant dorénavant plus attention à tes limites. D'accord ?".

   Etre recadrée ce n'est pas être remise à sa place ou être remise au pas, c'est juste accepter de bénéficier, au bon moment, de la main masculine secourable qui vous empêche de continuer à être emportée par le tourbillon. C'est admettre implicitement que l'égalité-identité des sexes est un mythe et que la complémentarité de deux sexes aux forces et aux faiblesses différentes est un atout qu'il faut savoir exploiter sans s'accrocher à une idéologie féministe dévoyée parce que tombée dans l'excès.

   Après ces beaux énoncés, on a bien mérité un petit repos, non ? Laquelle préférez-vous (de ces peintures, bien sûr) ?

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3-Eugene Delacroix - Odalisca sobre el divan (1827-28) (Fitzwilliam Museum, Cambridge) 2

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