Quand la relation est pourrie, il n'y a plus rien à faire : tous les efforts de gentillesse sont interprétés de travers, récusés, voire reprochés. C'est désespérant !

Quel contraste avec la phase où la femme est amoureuse : tout est alors bienvenu, jugé gentil, très apprécié.

L'humoriste lyonnaise Florence Foresti a écrit un sketch qui décrit admirablement cette évolution, en trois temps, de l'état d'esprit de la femme ; une évolution qui fait passer si vite l'homme (qu'elle considère comme étant le sien) du statut de dieu vivant, la comblant parfaitement, au statut de mec ignoble, repoussant, nul. Pour rire de ce phénomène que Florence Foresti décrit comme étant "typiquement féminin", regarder https://www.dailymotion.com/video/xx53qn, "Les phases d'une femme en amour (Mother Fucker)" : craquage, saoûlage, dégage !

Avec ce type de femme, charmante, indifférente puis odieuse, on est loin de la femme rêvée, fantasmée, que représente bien l'odalisque lascive et dénudée, qu'on s'imagine offerte et, sinon muette, du moins n'exprimant que des pensées agréables.

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     La femme avec laquelle il faut continuer à vivre (parce que se séparer serait compliqué et que les chances de trouver une femme vivable sur le long terme est si faible) ne ressemble guère à cette odalisque : mégère, elle s'est convaincue que, si elle n'est pas heureuse, c'est uniquement la faute de son conjoint (à qui elle a attribué la responsabilité de lui faire atteindre le bonheur) ; elle en veut tant à ce type qui, à ses yeux, a gâché sa vie à coup de mensonges initiaux et d'insuffisances patentes en tous domaines par la suite, qu'elle fera tout pour lui faire payer, à petit feu, cette sorte de trahison : l'accablant de reproches, elle s'ingénie à trouver ce qui peut le blesser. Deux exemples entre mille :

   * après l'avoir entendue en dire grand bien après qu'elle ait feuilleté celui de sa soeur il lui offre un livre sur la vie des arbres. Il ne s'aperçoit pas, à ce moment-là, qu'il existe deux versions de cet ouvrage et il lui offre donc celle qu'il a trouvée. Un mois plus tard elle pose côte à côte ce livre, qu'elle lui redonne, et la version illustrée qu'elle vient d'acheter. Elle aurait pu offrir discrètement à quelqu'un la version non illustrée mais l'occasion était trop belle pour elle de lui souligner qu'elle ne veut pas de ses cadeaux à lui

   * il achète, pour la fenêtre de son bureau (à lui), un nouveau voilage. Comme sa longueur, standard, excède un peu celle qui éviterait que le rideau ne touche le sol, il se propose de poser la barre de rideau un peu plus haut que la barre précédente. Elle dit alors que, peut-être, si on lui demandait gentiment, "la dame qui vient de s'équiper d'une machine à coudre moderne toute neuve" (elle parle là d'elle-même), pourrait faire un ourlet au bas de ce voilage. Le ton qu'elle emploie pour dire cela souligne combien cela la dérangerait et cela dissuade donc de la supplier de le faire. Résultat : bientôt elle reprochera à son souffre-douleur préféré de ne pas lui avoir demandé cet ourlet, et plus généralement de ne pas avoir besoin d'elle : ce qui sera tout bénéfice pour elle puisqu'elle n'aura pas eu à faire l'ourlet et qu'elle aura pu transformer cela en reproche supplémentaire.

      Ce dernier schéma de fonctionnement s'applique à bien d'autres situations : va-t-on, par exemple, lui demander de poster une lettre urgente, sachant qu'elle va passer devant une boîte aux lettres alors qu'on n'a pas prévu de sortir avant plusieurs jours ? Certes non car la lettre risque de faire poche restante et, si elle est postée, ce mini-service lui fera exiger d'être remerciée de façon complètement disproportionnée.

       Quel contraste avec une attitude normale, consistant à s'empresser de faire, discrètement et avec plaisir, ce qui est agréable ou utile au conjoint !

       Avec un quotidien ainsi truffé de reproches et de mauvaise foi, il faut être très allergique aux changements pour continuer, en faisant le dos rond...