Au fil des années, mon attirance pour les femmes ne se dément pas. Mais ses causes me paraissent plus claires.

Il me semble en effet que je commence à échapper à l'influence, culturellement dominante (c'est-à-àdire seule "politiquement" correcte), de la conception que les femmes se font des rapports entre sexes.

A savoir que les deux sexes aspirent, comme elles, à un amour fusionnel, exclusif, fait de compréhension et de soutien mutuel, avec une dose considérable d'écoute de leurs problèmes, beaucoup de baisers et de caresses, sans exclure un peu de sexe - mais souvent vu comme une concession à l'homme qu'elles aiment (surtout lorsque cet homme leur explique combien il apprécierait des fellations, une activité qui plaît généralement modérément à ces dames).

Alors les hommes, pour obtenir des femmes les services sexuels qu'ils en attendent avant tout, se plient à l'exigence consistant à faire comme s'ils partageaient cette vision féminine des relations entre sexes. Pire, certains hommes peuvent en arriver à penser qu'ils partagent cette conception, qui réduit pourtant à leurs besoins sexuels maculins à la portion congrue et à un statut très dévalorisé (ces besoins sont vus comme des désirs animaux - cochons !).

65134dd5Mais, avec l'avancée en âge, les deux sexes déchantent quant à ce dont ils ont rêvé.

Les femmes - d'autant plus déçues qu'elles ont, de façon totalement irréaliste, cru que le prince charmant existait - vont commencer par submerger leur homme sous les reproches, croyant ainsi obtenir qu'il change dans le sens d'une soumission à leurs besoins à elles (écoute, protection, ré-assurance, compliments, tendresse, absence de regards pour d'autres femmes, activités extérieures et voyages ensemble, adhésion à leur goût du changement, cessation de toutes les habitudes qu'elles trouvent puériles ou inappropriées parce que ce ne ce sont pas leurs conceptions à elles, bref retour sous leur contrôle permanent).

Et puis, comme elles ont en général du mal à vivre les situations fausses, elles songeront à refaire leur vie, avec un autre homme, parfait celui-là. Elles prendront prétexte d'une aventure passagère ou plus durable de leur homme pour le mettre en demeure de choisir, le lâche, entre elles et l'autre. Ou elles le presseront, s'il n'est pas infidèle de cette manière, d'être enfin fidèle à la promesse qu'il leur avait faite, selon elles, de les rendre heureuses.

Sauf coup de tête d'amoureuse d'un nouveau mec, elles réfléchiront quand même un peu à ce que risque d'être leur situation financière après rupture, ce qui en fera rester certaines, aigries toutefois d'avoir gâché leur vie et le faisant bien sentir.

Désenchantement aussi du côté des hommes, croissant avec la répétition des expériences avec diverses femmes : des débuts en fanfare puis, plus ou moins vite, retour au lot commun, avec cette passion qu'ont les femmes du contrôle (de leur poupée puis de leur petit frère puis de leurs soupirants puis de leur homme et de leurs enfants).

A force, avec l'accumulation d'expériences diverses mais finalement assez semblables, les choses se décantent et on en vient à une vision plus nette de la réalité des rapports entre sexes : et si ce qu'on habillait jusque là du nom magique d'amour (pour se conformer à ce que les femmes attendaient qu'on leur dise) ne relevait pas, en fait, et des deux côtés, de besoins plus basiques ? Et si l'attirance folle qu'on ressent, jeune homme, pour telle fille, et qu'on pare alors du nom d'amour parce qu'on s'imagine avoir trouvé la seule femme au monde capable de vous comprendre aussi bien, n'était pas essentiellement désir furieux de son corps, un désir aiguisé par les réticences de la fille puis par la façon qu'elle a de ne satisfaire notre désir qu'en partie ?

Le désir masculin est alors dé-masqué : ayant perdu son masque obligatoire (à savoir le sexe vu, par les femmes, comme l'aboutissement d'une relation approfondie), il se détache de la représentation mythique imposée et est vu pour ce qu'il est, à savoir une envie forte et revenant vite d'éjaculer. Une envie stimulée par la vue de corps féminins, réels ou en photos ou sur des tableaux.

D'où une évolution de la façon dont on voit les femmes autour de soi : de plus en plus, et avant tout, comme des objets sexuels, supports de fantasmes à défaut d'aventures réelles (longues, coûteuses en temps et en argent et pleines de dangers : maladies sexuellement transmissibles, enfants non voulus, accusations diverses... bref : tout ça pour ça ?).

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On n'a plus alors aucune envie d'entamer avec elles une relation car on ne voit plus bien ce qu'elles peuvent apporter de positif, surtout si on s'est autonomisé en apprenant à se débrouiller seul - ou avec des services à la personne -  côté cuisine, vêtements, courses, comptabilité, ménage, etc. Et on réalise en permanence, c'est clair désormais, tous les ennuis potentiels qui risquent de découler d'un rapprochement.

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Bien sûr, il reste la soif (inextinguible) de sexe mais aussi (surtout ?) le plaisir de la chasse, de ce jeu dans lequel il s'agit de se montrer plus malin que l'objet chassé, d'endormir ses défenses, de l'amener là où il ne voulait pas (si ce cheminement est consenti, il n'y a pas violence), de gagner cette lutte. Et il reste aussi la recherche d'admiration (une des formes de conquête) et de la jouissance qu'il y a à plaire, sans même aller jusqu'à séduire.

 

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Mon impression est que je peux me satisfaire d'une solution à risques et coûts bien plus limités que ceux de la liaison classique : il me suffit de glaner ici et là de l'admiration et, pour ce qui est de la satisfaction de mes besoins sexuels, de me débrouiller tout seul sur fond de souvenirs agréables et de consommation d'oeuvres d'art érotiques.

Ce genre de conception fera sans doute bondir beaucoup de femmes, qui verront dans ma solution un déni de leur utilité, une réduction à de simples objets sexuels, un certain mépris. Mais cette solution est ma réponse à une situation dans laquelle les hommes voient leurs besoins sexuels déconsidérés et réprimés alors que les femmes récusent leur statut millénaire, en partie au service des hommes dans le cadre d'un échange de bons procédés (service de protection contre services domestiques et sexuels). Trouvant que le prix à payer pour leurs services, par ailleurs amputés de la plupart des tâches domestiques, est excessif, j'ai cherché et trouvé une solution de substitution ; elle ne me satisfait pas pleinement, certes, mais elle me paraît moins mauvaise que les autres solutions actuelles.

 

PS : Ce que j'écris ci-dessus "des femmes" ne s'applique sans doute pas à toutes les femmes ; à voir certains films, lire certains romans, etc., il semblerait en effet que certaines femmes seraient vraiment et durablement avides de sexualité et ne seraient pas atteintes de jalousie endémique ; mais je n'en ai guère rencontré jusqu'ici.