N'est-elle pas émouvante cette belle jeune femme rousse, au décolleté généreux, si pensive, assise sur le bord d'un lit aux draps froissés ?

Hopper_détail

 

[Il s'agit d'un détail d'une oeuvre - Pink Bedroom (Daydream), in Hopper Meditations - de Richard Tuschman, photographe spécialisé dans la retouche photo sur ordinateur, qui s'est efforcé de reconstituer l'ambiance des tableaux du remarquable peintre américain Edward Hopper 1882-1967]

Pour un peu on voudrait la tirer de son apparente mélancolie - mêlée d'un brin de déception ? - et la faire rire...

Attirance, donc. Mais attirance essentiellement pour son corps, qui nous stimule, et pas nécessairement attirance pour autre chose. Donc, si elle rêve, de son côté, d'un prince charmant, pour toujours fougueusement amoureux de toute sa personne, elle risque mille déceptions.

Il me semble que les femmes ne rêvent pas explicitement de jeter le grappin sur un homme pour en faire leur jouet mais plutôt pour qu'il soit sans cesse à leur côté, les écoute, les comprenne, les rassure, les complimente. Elles ne sont pas conscientes de leur besoin de tout contrôler, de leur insupportable prétention à régenter notre vie. Elles sont même surprises quand leur homme se rebelle contre cette façon qu'elles ont de décider, pour nous, ce qui est bien pour nous, et de faire en sorte qu'on suive leurs idées.

Un exemple concret : je suis fatigué aujourd'hui et je décide de faire la sieste ; parce que madame estime qu'il n'est pas bon pour moi que cette sieste dure trop longtemps, elle va faire en sorte de me réveiller quand elle estimera que cette sieste a trop duré ; elle va descendre bruyamment les escaliers et, n'étant pas sûre qu'elle m'a ainsi réveillé (peu de temps, en l'occurrence, avant que ne résonne le réveil que j'avais mis), elle recommence peu après à redescendre pesamment les escaliers de bois.

Je trouve insupportable cette infantilisation, cette façon qu'elle a de considérer qu'elle doit intervenir dans tous les aspects de ma vie pour me faire suivre ce qu'elle estime être le bon chemin pour moi. Cela contraste avec mon attitude à son égard : je m'interdis tout conseil, toute remarque, car (outre qu'elle prend mal toute suggestion) je pense qu'elle est la mieux placée pour savoir ce qui est bon pour elle.

 On dit les femmes attentives aux autres et on en fait une qualité, opposée à l'indifférence supposée des hommes à l'égard de leurs semblables, à leur manque d'intuition, etc.

  Mais par quoi est réellement motivée l'attention que les femmes portent aux autres ? Par l'altruisme ? Ou bien plutôt par le besoin irrépressible qu'elles ont de parler (les états d'âme sont un inépuisable sujet de conversation) et par le profond besoin qu'elles ont de contrôler les autres (leur petit frère, leurs poupées et nounours, leurs hommes), ce qui passe par une observation de leurs moindres faits et gestes ?

   Quand donc nous lâcheront-elles les bretelles (ou les baskets, c'est selon) ?