J'ai lu sur l'Internet il y a quelque temps - mais j'ai eu le tort de ne pas noter l'adresse du site, et mes essais de diverses combinaisons de mots-clefs ne m'ont pas permis de retrouver ce site - l'histoire suivante : quelques années après son mariage et alors qu'elle a déjà un bébé, une femme se laisse séduire par son supérieur hiérarchique, un homme marié, de vingt ans son aîné.

 

DamageSource : Jeremy Irons et Juliette Binoche dans "Damage"

Elle tombe enceinte. Pendant toute sa grossesse elle angoisse car elle ignore qui est le père de l'enfant à naître. Certes "Pater is est quem nuptiae demonstrant" est le principe posé par le Code civil : en l'absence de preuve contraire, la présomption légale veut que l'enfant soit réputé être le fils du mari. Mais quelle sera l'attitude de son mari vis-à-vis d'elle et de l'enfant s'il est manifeste que son époux n'est pas le père biologique de cet enfant ou s'il l'apprend, découvrant du même coup les infidélités de son épouse ?

    Situation sans doute assez banale. Ce que j'avais en revanche trouvé de particulièrement intéressant sur le site en question c'est moins que l'épouse ait réagi à son mal-être et à ses remords en mettant ses infidélités sur le dos de son époux ("s'il m'avait rendue heureuse je n'en serais pas arrivée là") que la description du mécanisme psychologique ayant renforcé le mal-être ressenti par l'épouse : même si ses parents, aux valeurs très traditionnelles et formant un couple uni, n'ont rien su de cette affaire, et si personne d'autre que son mari n'a été au courant, l'épouse a vu sa culpabilité très augmentée à ses propres yeux par le fait qu'elle s'est déçue elle-même, en trompant son mari alors que la fidélité dans le mariage était pour elle une vertu cardinale. Dès lors on comprend mieux qu'elle en ait voulu tant à son mari de son infidélité à elle : c'est lui qui, par ses manques, l'a poussée à céder aux avances de son supérieur hiérarchique, une attitude la conduisant à une forte baisse de l'estime qu'elle avait d'elle-même (elle se sent salie). Impardonnable ! Pas pour elle car elle estime avoir plus que des circonstances atténuantes, mais impardonnable pour le mari, bien sûr, puisqu'elle se voit comme n'ayant été que le jouet de forces qui la dépassaient : l'incapacité de son mari à faire ce qui était son premier devoir, à savoir de la rendre heureuse, et le désir sexuel de son chef de service.

   Conclusion : "Non seulement mon mari ne me rend pas heureuse mais il me conduit à commettre des actes que je méprise, qui portent un grave coup à l'estime de soi. Alors, à double faute, double peine (pour le mari)" !